PAUL CHAIN – VIOLET ART OF IMPROVISATION

Ne trouvez-vous pas qu’il est souvent plus difficile de parler des oeuvres que l’on aime plutôt que de celles que l’on déteste? Comment faire parvenir à autrui toutes les émotions qu’une pièce musicale nous offre? Un ressenti émotionnel est  compliqué à partager, car nous n’avons pas tous la même sensibilité. D’autant plus qu’il peut-être énervant de voir la personne en face de soi manifester peu d’intérêt devant une pièce qui nous a hérissé les poils. Je vais donc essayer de vous convaincre avec quelques mots:

Paul Chain a toujours été un Midas discret, touchant tout ce qu’il fait en or. Membre du groupe culte d’Horror-Metal Death SS, Paul Chain les quitte rapidement vers la fin des années 80 pour créer son projet solo. Après avoir sorti quelques maxi / 45 trs aux pressages très limités (certains sont très rares et se revendent à prix d’or), dans un style metal/doom, il sort son premier album en 1989… et ne fait pas les choses à moitié puisqu’il s’agit d’un double album dont la durée dépasse bien 1h30.

Quant au contenu, il est bien compliqué à décrire… Atmosphérique, expérimental, Kraut Rock, Hypnotique, légèrement doom.. Paul Chain livre ici un oeuvre majeure, un opéra hallucinatoire, dont le premier morceau, Tetri Teschi in Luce Viola qui dure 30 mins, donne le ton. Une demi heure d’une boucle répétée à l’infini, et qui  ne tombe jamais dans la facilité ou l’ennui. Et les morceaux qui suivent sont autant d’invitations à un voyage extra sensoriel. Paul Chain nous l’a assez seriné, il ne chante pas dans une langue, mais se sert de sonorités phonétiques, donnant des fois dans un pseudo-anglais particulier (La lingua usata da Paul Chain non esiste, è puramente fonetica). Sa voix est une extension de sa musique et participe d’autant plus à cette atmosphère mystique.

Paul Chain a disparu de la scène musicale en 2003, laissant derrière lui une oeuvre protéiforme, dont le seul défaut est d’être difficile à trouver. Violet Art Of Improvisation est sans conteste un album qu’il faut écouter au moins une fois dans sa vie, pour se rendre compte que la musique peut vraiment vous rentrer dans la peau, comme une intraveineuse qui ne vous serait jamais enlevée.

Un chef d’oeuvre.

Minotauro, Italy, 1989

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